Passionnément Delta

Passionnément Delta

Rouler en Delta 1300 aujourd'hui

 

 

Ma première rencontre avec les Lancia remonte à mon adolescence, époque ou je suivais les exploits en rallye des Fulvia et surtout de la Stratos.
Je me souviens alors d’une Fulvia que je voyais quasiment quotidiennement, en allant au lycée et d’une 2000, propriété du père d’un copain. Ce fut d'ailleurs, quelques années plus tard, la première Lancia que je conduisis.
De cette époque date une grande résolution : un jour, j’aurai une Lancia.
Et ce jour est effectivement arrivé, en décembre 1983 (hé oui, ce n’est pas hier). L’objet de mes rêves fut une Delta 1300, qui fut également la première voiture neuve que j’ai acheté, au garage Fargues de Sarlat.

 

 

Je travaillais alors en Dordogne et je me suis régalé sur les petites routes départementales avec cette auto.
Et puis, un jour de 1987, arrêté à un feu rouge de Périgueux, un classe G Mercedes qui arrivait trop vite…
Voiture détruite, mais la vie continuait, avec d’autres autos.

 

 

Les retrouvailles

20 ans passèrent, vite, trop vite, avant que l’idée ne me revienne de m’intéresser à nouveau à mes premières amours, en recherchant plutôt un coupé Beta ou une HPE.
C’est ainsi qu’en parcourant les sites de ventes entre particuliers, je suis tombé sur une Delta 1300 en bon état général, mais surtout du même modèle, de la même couleur et de la même année que la mienne.
Je suis donc allé chercher ma nouvelle Delta près de Nice, et depuis décembre 2007, elle est bien à l’abri dans un garage Alsacien.

 

 

Quel plaisir de retrouver cette voiture.
A 96000 kilomètres, elle était très saine et avait passé le contrôle technique sans problème.

Mais surtout l’intérieur était quasi neuf, les deux premiers propriétaires l’entretenaient avec un soin jaloux et n’étaient pas fumeurs.
Mais le plus drôle de cette affaire, c’est que la voiture fut immatriculée à l’origine au garage Lancia de Bergerac, à 50 kilomètres de Sarlat, avant de gagner Nice en 2004…
Et j’ai même retrouvé dans le coffre les premières plaques « RG 24 », la mienne était en « RF 24 » !

 

 

Le choix de mon garagiste

J'avais la voiture, restait à l'entretenir. Par manque de temps, de place, d’outillage… et de compétence, la plupart des opérations d’entretient sont confiées à un garagiste.

La première difficulté a été d’en choisir un !

Lorsque j’ai acheté la Delta, le contrôle technique était vierge, et l’auto semblait saine. Je l’ai remonté sans problème par la route de Nice en Alsace, largement de quoi confirmer une première bonne impression.

Sans problème, sauf que l'hiver, la traversée des Alpes sur des routes enneigées et sans pneus adaptés fut assez stressante...

 

Quoi qu’il en soit j’ai refais à l'arrivée un contrôle technique, tout aussi vierge et je me suis mis à la recherche de mon fameux garage, première étape, le changement de la courroie de distribution.

 

 

En demandant les devis, je glissais sournoisement quelques questions concernant l'état dans lequel se trouvait ma nouvelle acquisition et quels pouvaient être les travaux à prévoir en urgence…

Dans la plus importante concession Lancia de la région, il était simplement grand temps de changer de voiture…
Pour un autre, une liste «longue comme un jour sans pain » m’attendait, la voiture était limite roulante…

 

 

L’agent Fiat Lancia de Saverne me tint quant à lui un tout autre langage en disant qu’il n’y avait aucun frais à prévoir, que la voiture était « à priori » fiable, mais que le changement de la courroie était une sage précaution…
C’est donc lui mon garagiste depuis 2007.


 

Durant cette période, j’ai donc changé la courroie 300 € ; reconditionné le carbu 440 € ; refait l’allumage 320 € ; changé la ligne complète d’échappement, depuis le collecteur jusqu’au pot arrière pour 750 € (cher avec les pièces pas faciles à trouver...) ; changé les disques avant et rectifié les tambours arrière pour 450 € ; installé un relais pour le comodo 130 €, sans compter les opérations usuelles comme les vidanges tous les 7000 km…
La dernière grosse opération concerne le peinture complète de l’auto, avec quelques petites reprises de carrosserie, pour 1940 € (pas cher compte tenu du travail...).

 



 

Une peinture neuve

L'apparition d'une boursouflure sous le joint de la lunette arrière, annonciatrice d'un point de rouille qui ne demandait qu'à prospérer, allait me convaincre d'entamer au plus vite une grande campagne pour la Delta, d'autant que la peinture était vraiment très fatiguée, terne et rugueuse.
Direction donc le garage pour une inspection en profondeur des entrailles de la bête, suivie d'un traitement si nécessaire, de la reprise des quelques traces sur la carrosserie, coup de portières ou autres, finalement assez nombreuses à voir les traces de marqueurs avant naturellement une peinture complète .

Bref, un peu de travail en perspective !

Première étape, démontage de tous les accessoires, vitres, pare brise, pares chocs avant et arrière, baguettes de protection, pour constater qu'il n'y avait pas de mauvaises surprises. Le problème sur la lunette arrière fut facilement traité, ce n'était que le début !

 

 

 

 

La prime à la casse...

Amis "Young Timistes" avez-vous profité de fourguer vos vieilles ferrailles avant l’arrêt de ce merveilleux dispositif d’aide à la consommation, j’ai nommé la prime à la casse…

J'ai quant à moi été à deux doigts de me laisser convaincre, après avoir eut le plaisir de trouver sur le pare-brise de ma Delta 1300 arborant une peinture flambant neuve, une première offre de la part de Renault, sous la forme d’un modeste post-it collé sur la vitre conducteur.

Chez Citroën, la proposition était beaucoup plus élaborée puisqu’il s’agissait d’un beau carton sur lequel était collé une photo de ma belle !!!

 

Image

Et quelques pannes...

Mes amis m'avaient mis en garde, sur une italienne de près de 30 ans, construite avec "des boites de conserves rouillées", j'aurai tous les problèmes du monde...

En fait les seules pannes à déplorer furent la rupture du cable d'accélérateur, j'avais pu toutefois poursuivre ma route en entortillant le reste de cable autour du levier de commande du carburateur, et la batterie, là par contre, impossible de démarrer !

Peu de choses en vérité.

 

En guise de conclusion provisoire...

En trois ans, j’ai effectué 41300 km avec la Delta 1300, consommé environ 3300 l de super (8 l/100), ce qui donne, compte tenu de la valeur d’achat, 2000 €, un Prix de Revient Kilométrique de 0.32 €, équivalent à celui d’une Clio 1,5 DCI !


 

En conclusion, on peut trouver que j’ai « investi » plus que nécessaire dans cette Delta, et même plus que le raisonnable, compte tenu de sa côte, quasi nulle. Mais au final, je roule quotidiennement dans une voiture « rarissime », pour le prix d’une Clio diesel… Et quel plaisir.

Maintenant, ma conclusion ne serait pas la même avec une Intégrale, forcément beaucoup plus exigeante et chère à l’entretient. Mais ce sont deux voitures, deux mondes différents. Et je préfère une 1300 parfaitement entretenue à une Intégrale négligée faute de moyens !

Cependant, si vous me demandez à quoi je rêve, je dois avouer que l'Intégrale est en bonne place, mais elle n'est pas la seule : une Appia première série, une Fulvia 2000, une Beta coupé me conviendraient parfaitement, mais dans tous les cas, je garde ma 1300 !

 

 

 

 

 

 

 





04/06/2011

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