Passionnément Delta

Passionnément Delta

La Delta, dans la tradition Lancia...

 

Si la Delta fut naturellement la remplaçante de la Fulvia, berline de cylindrée moyenne dont la production avait cessé en 1972, la présence de Lancia dans cette catégorie est beaucoup plus ancienne et remonte en fait aux années 1930 avec la présentation de l’Augusta.

Auparavent, Vincenzo Lancia s'était fait un nom avec des voitures de grand luxe, aux solutions techniques révolutionnaires, comme la mythique Lambda qui marqua durablement le paysage automobile mondial.

 

 

L'Augusta 1933 - 1936


 

 

 

Le crash boursier du jeudi 24 octobre 1929 allait considérablement modifier la donne, entraînant en quelques années une cascade de faillites, un chômage de masse, l’avènement des nationalismes et son cortège de mesures protectionnistes. La France allait ainsi porter à 150 % les frais de douanes sur les produits manufacturés étrangers, alors que Lancia exportait près de 75% de sa production.

 

Pour survivre, une seule alternative : concevoir des modèles moins prestigieux, plus abordables. C’est dans ce contexte que fut étudiée la Lancia Augusta.

Plus abordable, certes, mais l’Augusta restait avant tout une Lancia, introduisant dans la catégorie de multiples innovations techniques : carrosserie monocoque autoporteuse déjà vue sur la prestigieuse Lambda, suspensions avant indépendantes, freins à commande hydraulique sur les quatre roues, moteur en V, portières à ouverture inversée sans montant intermédiaire qui restera une des caractéristiques des Lancia jusqu’aux Appia des années 1950-1960…

Présentée le 5 octobre 1932 à l’occasion du salon de Paris, l’Augusta disposait d’un moteur V 4 de 1200 cm3 à soupapes en tête développant 35 cv et autorisant une vitesse de pointe de 110 km/h.

La voiture fut fabriquée du début 1934 à la fin 1936 à 17217 exemplaires auxquels il faut ajouter les quelques 3000 voitures produites sous le nom de Belna par la filiale française de Lancia, créée afin de limiter les frais de douanes.

Née dans un contexte difficile, l’Augusta fut un réel succès pour Lancia, monopolisant l’essentiel des capacités de production de la firme pendant trois ans.

Mais si l’Augusta fut une chance, son remplacement pouvait en être compliqué !

 

L'Aprilia 1937 - 1949

 

 

En effet, s’il n’est jamais facile d’atteindre des sommets, s’y maintenir est toujours plus délicat !

Pour y parvenir, le crédo de Vincenzo Lancia fut l’innovation. L’Augusta avait introduit dans la catégorie de multiples innovations techniques, l’Aprilia fut véritablement révolutionnaire.

La carrosserie autoporteuse fut naturellement maintenue, mais appliquant les principes de l’aérodynamisme, d’ou un profil arrondi vers l’arrière, rendu plus fluide encore par la volonté de Vincenzo de masquer les charnières des portes, toujours à ouverture inversée sans montant intermédiaire.

L’ensemble était porté par quatre roues indépendantes, une première également, garantissant l’excellence du comportement, les freins étaient à commande hydraulique sur les quatre roues.

La voiture jetait les bases de la technique automobile pour les 30 années à venir, il ne lui manquait plus que la traction avant en somme…

L’Aprilia disposait d’un moteur V 4 à chambres de combustion hémisphériques de 1 352 cm3 à soupapes en tête développant 47 cv au régime élevé pour l’époque de 4000 tr/mn et autorisant une vitesse de pointe volontairement bridée à 125 km/h.

Elle fut fabriquée du 24 février 1937 au 22 octobre 1949 à 27637 exemplaires auxquels il faut ajouter les 1620 voitures produites sous le nom d’Ardennes par la filiale française, fermée quant à elle dès le début du conflit.

Déconcertante pour l’époque, l’Aprilia trouva cependant rapidement son public. Hélas, Vincenzo Lancia allait mourir d'un infarctus le 15 février 1937 à 55 ans quelques jours avant que la première Aprilia ne sorte des chaînes de son usine.

 

L'Ardéa 1939 - 1952

 

 

 

Début 1937, quelques semaines avant sa mort, Vincenzo Lancia avait souhaité développer une voiture « la plus populaire parmi celles que j'ai réalisées jusqu'à ce jour ».

Ce souhait fut développé par ses collaborateurs. Profitant du succès de l’Aprilia, la nouvelle venue, qui allait prendre le nom d’Ardéa, allait en reproduire strictement le dessin, mais de format plus contenu. L’empattement passant de 2750 mm à 2440 ; la longueur de 3930 mm à 3615 ; la largeur de 1500 mm à 1380 mm et la hauteur de 1530 mm à 1510 mm.

Autre différence par rapport à son aînée, l’Ardéa était dotée d’un train arrière à essieu rigide en lieu et place des roues indépendantes.

L’Ardea disposait d’un modeste 4 cylindres en V de 903 cm3, développant une puissance de 28 cv au régime de 4600 tr/mn, valeur très élevée pour l’époque.

Ainsi motorisée, et grâce à l’excellence de sa conception aérodynamique et à son faible poids, 800 kg, l’Ardéa était donnée pour une vitesse de pointe de 105 km/h.

Elle fut présentée en 1939, au moment du déclenchement du deuxième conflit mondial, période peu propice au lancement d’une nouvelle voiture ! Mais elle traversa la guerre et fut développée ensuite en 4 séries successives, la 3ème présentée le 15 septembre 1948 proposait une boite à 5 vitesses, une nouvelle première mondiale de Lancia. La production cessa pour la berline en 1952 après 22710 exemplaires pour laisser la place à la nouvelle Appia.

A noter qu'elle fut également proposée en version utilitaire.

 

L'Appia 1953 - 1963

 

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la production allait reprendre lentement avec des modèles développés avant guerre. Ce fut naturellement le cas pour Lancia avec ses Aprilia et Ardéa.

Les années qui suivirent furent consacrées au renouvellement des gammes. En 1950, Lancia présentait l’Aurélia, berline de haut de gamme, bientôt suivie de l’Appia qui allait remplacer l’Ardéa, mais à la ligne générale s’inspirant fortement de la nouvelle Aurélia. Ce fut également la dernière Lancia à proposer les portes à ouverture antagoniste, sans montant central.

La nouvelle petite Lancia fut présentée en avril 1953, dotée du traditionnel V4 de la firme, cubant 1090 cm3 et développant alors 38 cv.

En mars 1956 une deuxième série fut présentée, fortement modifiée, tant au niveau carrosserie que mécanique. La ligne fut allongée et la puissance portée à 43.5 cv.

Enfin, en mars 1959, Lancia présentait une troisième série de son Appia, dont la face avant s’inspirait alors du récent haut de gamme Flaminia. La puissance atteignait 48 cv.

Ces trois séries successives furent produites à 98000 exemplaires, auxquels il faut ajouter 5161 coupés, spiders et berlines Zagato.

La production cessa en avril 1963.

 

La Fulvia 1963 - 1972


 

 

 

La remplaçante de l’Appia dans la catégorie des voitures de moyenne cylindrée fut présentée en 1963, prenant le nom de Lancia Fulvia.

Elle était habillée d’une carrosserie classique pour l’époque, en trois volumes, synonyme d’élégance s’inscrivant dans la tradition Lancia, mais en abandonnant les traditionnelles portes à ouverture antagoniste.

Dotée d’un V 4 de 1091 cm3 développant à l’origine 58 cv, d’une boite à quatre vitesses synchronisées, elle pouvait atteindre la vitesse de 140 km/h que quatre freins à disques étaient chargés de ralentir avec efficacité. Mais surtout, c’était une traction.

L’année suivante était présentée la 2C, version équipée d’un double carburateur portant la puissance à 71 cv.

En 1967 cette version  fut remplacée par la GT équipée d’un moteur de 1216 cm3  développant 80 cv. Cylindrée et puissance furent encore augmentées l’année suivante sur la GTE avec un 1298 cm3 de 87 cv portant la vitesse maximale à 162 km/h.

En 1970, la Fulvia bénéficiait d'un important restylage avant l’arrêt définitif de la production de la berline à la fin de 1972.

338 996 exemplaires furent produits de ce qui fut la dernière Lancia avant l'intégration de la firme dans le groupe FIAT.

Notons encore que le Fulvia fut déclinée en version coupé, produit jusqu'en 1976.

La version HF de celui-ci allait offrir à Lancia son premier titre au Championnat du Monde des Marques en 1972... mais c'est une autre histoire !

 

 

La Delta 1979 - 1992


 

 

Présentée en 1979, la Delta élaborée sur une base de FIAT Ritmo allait obtenir en 1980 le titre envié de "voiture de l'année". C'est à ce jour, la seule Lancia ainsi titré.


Mais cette voiture bien née allait réserver à ses concepteurs bien d'autres surprises...



29/04/2011

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